Edito
Nous espérons induire dès le plus jeune âge, l'idée d'une ville plus résiliente, d'espaces plus souples et d'usages plus accueillants.

Lettre d'information

Édito

Transmettre l’architecture aux enfants en France : réflexions doctorales

Atelier réalisé par Roberta Ghelli
Roberta Ghelli
N°24 2015
La transmission de l’architecture s’opère aujourd’hui par des dispositifs d’actions spécifiques, qui articulent enseignants et architectes.

Par Roberta Ghelli,
Architecte et Doctorante au Laboratoire Profession Architecture Ville et Environnement (PAVE) / ensapBx

En matière d’architecture, ce qui est appris au cours de la scolarité structure une base pour la majorité de la population. La transmission de l’architecture aux élèves n’est pas un terrain vierge et inconnu, car des solides fondations ont été établies depuis les années 1980. C’est à cette époque que remontent les premières actions éducatives liant enseignants et architectes, dont le développement a été permis au fur et à mesure des années par des dispositifs institutionnels et des politiques éducatives favorables.

Les données recueillies dans le cadre de la thèse doctorale en cours « Éduquer les enfants à l’architecture. Dispositifs d’action et processus de socialisation » montrent que la transmission de l’architecture s’opère aujourd’hui par des dispositifs d’actions spécifiques, qui articulent enseignants et architectes : actions d’enseignement (cours magistraux), actions de médiation (outils, initiations, formations) et actions d’éducation (projets).

Ces dispositifs sont déclinés dans de nombreux formats - l’atelier, l’exposition, le festival, le spectacle, la visite – dans un temps court ou plus long. L’apprentissage de la discipline se produit à partir de l’environnement proche et intime de l’enfant par des modes pédagogiques originaux : l’exploration sensorielle, la production coopérative, l’approche pluridisciplinaire.

La pluralité d’acteurs et le répertoire d’expériences font la preuve d’un système riche, qui montre une capacité d’innovation pour mettre en relation deux mondes étanches, dont l’objectif large est de diffuser la culture et la pratique architecturale. Pourtant, son avenir est contrasté. Très dynamique sur certains territoires (Bordeaux, Grenoble, Lille, Marseille, Nantes, Paris), ce système l’est moins sur d’autres, et totalement en régression ailleurs. L’envie de « faire » de ses acteurs se heurte au manque généralisé de moyens financiers.

Le constat est sans appel : la démocratisation de l’architecture passe obligatoirement par l’école. Une impulsion des interventions conjointes et qualifiées permettrait à la diffusion de gagner en force, pour que les enfants d’aujourd’hui deviennent un jour des citoyens conscients et des adultes créatifs, co-constructeurs d’un monde où chacun trouvera mieux sa place.

Roberta Ghelli,
Architecte et Doctorante au Laboratoire Profession Architecture Ville et Environnement (PAVE) / ensapBx